Graines de Poètes 2018

Le jury départemental du prix de poésie Graines de Poètes 2018 s'est réuni au lycée Monnet-Mermoz le vendredi 16 mars pour élire les gagnants du concours. Clément Delarbre, en Terminale scientifique S2, a gagné le prix Orphée du lycée de Mauriac pour son poème Du crépuscule à l'aube.

 

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Prix "Graines de Poètes"

 

Cendres de vie

  

J’erre, sans but précis,

 Déambule dans la ville,

 Dans les rues bercées par la nuit,

 Où des heures durant je m’exile.

 Mes chaussures claquent,

 Contre l’asphalte sombre,

 Où titubent les insomniaques,

 S’égarant derrière leur ombre.

 Au-dessus de tous les toits,

 Voluptueux, plane l’espoir,

 Dans ses vapeurs de soie,

 J’ai cru l’apercevoir.

 Mais alors, résonnent dans mon âme

 Tombent dans mon esprit,

 Glissent contre le macadam,

 Les douze coups de minuit.

 La vie me rattrape,

 Elle s’écoule dans le sablier,

 S’est ouverte cette trappe,

 Vers la réalité.

 Dans ma léthargie,

 Dans mon infinie torpeur,

 J’ai cru en la vie,

 À l’épilogue de mes peurs.

 Mais en ce soir de décembre,

 Par ce froid grisant,

 Ont laissé place à des cendres

 Mes espoirs brûlants.

 

Clara Cellier, Lycée Emile Duclaux

Prix "Jeune talent"

Songe profane

 

Les murs sont prisons, le ciel est de fer,

Mon cœur bat mal, manque des temps.

La Terre est de plomb, privée d’atmosphère,

Ce matin luit un soleil rouge sang.

Et les nuages blancs et gris,

Linceuls des jours passés,

Murmurent au travers de la pluie

De sombres légendes oubliées.

Mon cœur bat mal, marque des pauses,

Une oppression infime et profonde.

Peu à peu la certitude s’impose :

Je suis étrangère à ce monde.

Les cris, les trottoirs, le métro,

Les moteurs qui grondent.

S’éteint progressivement le chant des oiseaux,

Découvrant peu à peu l’œuvre immonde.

Où se sont donc cachées les étoiles ?

Un à un mes doutes se fondent,

J’observe ces milliers d’ombres pâles :

Je suis étrangère à ce monde.

Trop souvent je ferme les yeux,

Pour ne plus distinguer les fumées,

Les hommes fantômes, corps comateux,

Les sonneries et contraintes imposées.

Cette certitude me blesse en douceur,

À mesure que sur l’eau se répand l’onde,

Elle étend son emprise sur mon cœur :

Je suis étrangère à ce monde.

 

Armelle Lallemand, Lycée Emile Duclaux

Prix "Orphée" du lycée

 

Du crépuscule à l’aube

 

 

 

 

 

Le soleil se couche et fait place à l’astre pâle

 

Nyx recouvre enfin la Terre de son sombre voile

 

A l’heure où le temps s’arrête s’éteignent les dernières lumières du jour,

 

A l’heure où tout s’endort naissent les premières lueurs du soir…

 

 

 

Entends-tu le chant de la nuit ?

 

Entends-tu le bruissement des arbres ?

 

Ce sont tes pensées qui s’égarent

 

A la lisière de ton esprit.

 

Car la nuit est une éternelle contemplation,

 

Qui ne dure que quelques instants

 

Et cela dépendant des saisons,

 

Tu es tombé amoureux d’une étoile d’argent :

 

Tu peux la voir mais tu ne sais si elle te voit

 

Tu peux lui parler mais tu ne sais si elle t’entend

 

Tu peux l’aimer mais tu ne sais ce qu’elle ressent.

 

 

 

Alors, au plus profond de ton tourment,

 

Tu te laisses emporter par le désespoir.

 

Ne sachant plus combien de temps,

 

Il te reste avant de lui dire bonsoir…

 

 

 

La clarté de la lune s’évanouit laissant sa place au soleil

 

Héméra retire le voile laissant tes yeux admirer le ciel

 

A l’heure où le temps reprend son cours pointent des couleurs vermeilles

 

A l’heure où le monde s’éveille, vacillent les aiguilles du temps…

 

 

 

 

 

Clément Delarbre, Tale S2